Qiu Xiaolong

Evéné La rubrique « Lire En Chine » ne comprenait qu’un seul article, et j’en avais un peu honte…

Non pas que je n’ai lu qu’un livre sur la Chine ou d’un auteur chinois, mais j’avoue honteusement que je n’avais jusqu’alors pas pris le temps de vous faire partager mes lectures..

Voici donc un de mes auteurs favoris : Qiu Xiaolong.

Biographie :

Qiu Xiaolong est chinois, né à Shanghai en 1953. Après les événements de 1989, il quitte la Chine, plus ou moins contraint et forcé (Son père, professeur, est victime des gardes rouges pendant la Révolution culturelle vers 1966). Aujourd’hui interdit de séjour dans sa terre natale, il écrit des romans policiers depuis les Etats-Unis où il a trouvé refuge, étant professeur à l’Université de Saint Louis.

Poète et amateur de taï chi, ses romans mèlent enquètes policières, témoignages des années 90 et poésie.
Son héros, l’inspecteur principal Chen Cao, est aussi poète (Qiu Xiaolong a soutenu une thèse sur le poète américain T.S Eliot). Ses romans décrivent par le menu la vie à Shanghai sous le régime de Deng Xiaoping en mêlant intimement politique, vie courante et intrigue policière : la cuisine et la gastronomie, la crise du logement, les difficultés de transports, la corruption, la politique et l’omni-présence du Parti, les bouleversements de la Chine moderne, … tout cela vient enrichir de manière pittoresque les enquêtes de l’inspecteur Chen Cao.

Faciles à lire, bien ficelés, ses romans sont également très intéressants pour leurs références littéraires et  les témoignages des années 90 qu’ils comportent. Voici en résumé les livres de Qiu Xiaolong que j’ai lus.

Mort d’une héroïne Rouge

Shanghai 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal par deux jeunes pêcheurs. Pour l’ambitieux camarade inspecteur principal Chen et son adjoint l’inspecteur Yu, l’enquête va rapidement se compliquer lorsqu’ils découvrent l’identité de la morte. Il s’agit de Hongying, Travailleuse Modèle de la Nation. Une fille apparemment parfaite et solitaire qui a pourtant été violée et étranglée. Qui se cache derrière ce masque de perfection et pourquoi a-t-on assassiné la jeune communiste exemplaire ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car à Shanghai, on peut être un camarade respecté tout en dissimulant des mœurs … déroutantes. Un fascinant polar du côté de l’Empire Céleste, mené avec humour, poésie, gourmandise et un sens très particulier de la morale.

Ce premier roman paru au seuil en 2003 (2000 aux USA) est l’un des plus prenants selon moi. Il nous entraîne dans les jeux politiques du gouvernement, avec la découverte impressionnante de la notion de Travailleuse Modèle de la Nation.

J’ai compris, grâce à ce livre, l’importance, encore aujourd’hui, des employés modèles, les relations au travail entre salariés et patron. Sans doute le premier roman que je vous conseille de lire. D’une part, il est le premier qui ouvre une série de nombreuses histoires avec des personnages récurrents, mais également car il est l’un des plus prenants.

Visa pour Shanghai

Il y a ceux qui veulent rejoindre les ETATS-UNIS coûte que coûte, parfois même au prix de leur vie. Et celles qui veulent parcourir le chemin inverse pour démanteler les réseaux qui jettent sur les côtés des cargos chargés d’hommes. Mais il ne suffit pas d’aller à Shangaï pour contrer les puissantes triades. Car la donne est embrouillée, comme le sont les relations… internationales. Washington doit ramener la femme d’un passeur chinois, Pékin veut sauver la face, la femme du passeur disparaît ; et le camarade inspecteur Chen, appelé à l’aide par le Parti, n’entend pas lâcher une affaire en cours pour les beaux yeux du FBI.

Ce deuxième opus montre les relations politiques entre les Etats-Unis et la Chine. Comment accueillir l’honorable policier étranger ? Comment ne pas perdre la face ? Les jeux de pouvoir, les intrigues des Triades font de ce roman un très bon ouvrage que j’ai vraiment apprécié. On en apprend beaucoup sur les organisations de voyous en Chine et à Hong Kong, sur les luttes de pouvoir au sein de la police, des contradictions entre le régime et les provinces, ainsi que sur la façon qu’on avait alors de voir les étrangers, surtout Américains.

Comme toujours avec notre inspecteur Chen, nous sommes confrontés aux doutes de l’inspecteur

Le seul regret que j’ai dans la version française est le titre, qui ne correspond pas du tout au titre original « a Loyal Character Dancer » qui a une importance capitale dans le livre.

Encres de Chine

Une ex-garde rouge devenue dissidente est retrouvée assassinée. Une enquête délicate à mener pour l’inspecteur- Chen et son adjoint Yu… Le gouvernement souhaite en effet étouffer l’affaire et fait pression sur la police pour qu’un coupable soit rapidement arrêté. Chercheraient-ils à faire croire que l’affaire n’a rien de politique, en dépit du lourd passé de la victime? Après Mort d’une héroïne rouge et Visa pour Shanghai, voici de nouveau nos deux enquêteurs plongés dans tes secrets de la Chine rouge. « Pour le pays, les atrocités commises étaient une sorte de cadavre dans le placard. En connaître l’existence était une chose, mais le tirer du placard en était une autre

Je n’ai pas lu celui-ci encore… Peut-être vous ? Donnez moi votre avis !

Le très corruptible Mandarin

À Shanghai, le policier qui enquêtait sur Xing Xing, un puissant cadre du Parti suspecté de corruption, est retrouvé assassiné. Difficile de s’opposer aux nouveaux « mandarins » de la Chine post-communiste… Le camarade inspecteur Chen, poète et idéaliste, se plonge dans les méandres d’un système de passe-droits tentaculaire, remontant les filières des magnats rouges jusqu’au pays de l’Oncle Sam…

Cette histoire est l’une des seules dont l’action se passe beaucoup à Pékin, ou du moins, dont les références à ce qui se passe à Pékin sont nombreuses. J’ai aimé dans ce livre (qui fut le premier de Qiu Xiaolong que j’ai lu) les rivalités entre Pékin et  Shanghai, la façon également de voir le comportement des ECP (Enfants des Cadres du Parti)

De Soie et de Sang

Impossible d’étouffer l’affaire : la deuxième victime a été trouvée ce matin, en plein centre-ville. Même mise en scène que pour la première : robe de soie rouge, pieds nus, jupe relevée, pas de sous-vêtement. Le tueur signe son œuvre avec audace et la presse s’en régale. C’est ce qui inquiète l’inspecteur Chen : pour s’exposer si dangereusement, le coupable doit avoir un plan diabolique…

Pas lu non plus celui-ci… Faites moi part de vos commentaires !

Biographie donnée par Evéné

L’amour de Qiu Xiaolong pour la littérature anglaise et la poésie lui vient à l’adolescence, lorsqu’une bronchite le cloue au lit. Son père, professeur, est victime des Gardes Rouges durant la Révolution culturelle des années 1960. En 1988, une bourse de la Ford Foundation permet à Qiu Xiaolong de partir aux Etats-Unis pour y poursuivre des études à la Washington University de St-Louis, dans le Missouri, et, suite aux répressions de la Place Tiananmen en 1989, il décide de s’installer définitivement aux Etats-Unis. En 1996, il obtient son doctorat en anglais avec une thèse sur T. S. Eliot. Ses livres, écrits en anglais, dont le personnage principal récurrent est l’inspecteur Chen Cao, cadre du Parti et membre de l’Union des écrivains, au-delà du roman policier, dépeignent la Chine des années 1990, les mutations socio-économiques de sa population urbaine et les bouleversements de la Chine moderne. Son premier roman, ‘Death of a Red Heroine’ (2000, ‘Mort d’une héroïne rouge’, 2001) est suivi de ‘A Loyal Character Dancer’ (2002, ‘Visa pour Shanghai’, 2003), ‘When Red is Black’ (2004, ‘Encres de Chine’, 2006), ‘Red Rats, a Case of Two Cities’ (2006, ‘Le Très Corruptible Mandarin’, 2006). En 2007 paraît encore ‘Red Mandarin Dress’ (‘ De soie et de sang’). Qiu Xiaolong enseigne par ailleurs la littérature à la Washington University de St-Louis.

7 réflexions au sujet de « Qiu Xiaolong »

  1. super de parler et de faire connaitre le nouveau « maitre  » du polar chinois digne successeur du juge Ti (immortalisé par Van gulick et Lenormand) je viens de lire son dernier titre « la danseuse de Mao » passionnant , on retrouve toujours la chine d’il y a 10/15 ans qui a tendance à disparaitre .

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