Portraits chinois

Comme un feuilleton d’été, mais en mieux, Gilles Sabrié propose sur son blog Un Œil sur la Chine, une sélection  de portraits réalisés en 2007 par la photographe Anais Martane et la journaliste Diane Droin-Michaud, à l’occasion de la sortie de leur livre  « Portraits Chinois » (Editions Snoeck Ducaju Et Zoon).
Des hommes et des femmes rencontrés dans leur environnement nous parlent de leur quotidien.
Emouvant, touchant.. brillant


Se poser des questions, faire de l’introspection, avoir des états d’âme, c’est un luxe que je ne peux pas m’offrir. Je n’ai vraiment pas le temps. Je travaille douze heures par jour dans une agence immobilière de Pékin, six jours sur sept. Avant de rêver, j’ai besoin de manger. Mais c’est sûr que s’il m’arrivait de m’interroger, le constat ne serait pas brillant : j’exerce un métier qui m’ennuie, d’une monotonie pesante, je n’ai pas de petite amie, assez peu d’amis, mais ai-je vraiment le choix ? Levé à 7 h 30, j’avale un petit-déjeuner et je cours à ma réunion de 8 h 30. La matinée est ensuite consacrée à la visite d’appartements avec mes clients.[…]

Zhao Wei, agent immobilier sous pression

Nous sommes pékinois depuis cinq générations ! Mon grand-père était cuisinier aux ambassades américaines et britanniques. Il avait appris l’anglais tout seul parce qu’il aimait beaucoup la cuisine occidentale. Durant la guerre sino-japonaise, il avait suivi les troupes dans le Yunan. C’était un homme peu bavard. Et lorsqu’il s’aventurait à nous raconter ses souvenirs, « Nainai », grand-mère, fronçait les sourcils : interdiction d’évoquer les histoires de guerre ou les récits liés à la Libération. « On ne parle pas de ces choses-là !» disait-elle sur un ton sans appel. Elle n’était pas commode et mon grand-père lui obéissait au doigt et à l’œil ! […]

Wang Ji Sheng, une retraite douce-amère

Depuis plus de vingt ans, j’habite au presbytère de la cathédrale Shishi de Canton, la capitale du Sud et ma ville natale. C’est un lieu auquel je suis très attaché. C’est là que j’ai été ordonné prêtre, en 1941. J’avais vingt-cinq ans. Ce fut le moment le plus beau, le plus sacré de toute mon existence. Le cadeau le plus exigeant du Seigneur, aussi. Nous étions en pleine occupation japonaise. Je baptisais, priais et donnais l’extrême-onction à de nombreux compatriotes, sans être inquiété. Cette période, dominée par la brutalité et la cruauté de l’occupation, fut pour moi, et c’est paradoxal, une période de paix et de joie intérieure

.Père Tian De, il était une Foi

Et d’autres tout aussi émouvant à retrouver sur le blog de Gilles Un oeil sur la Chine

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