S 21 (Musée Tuol Sleng), la prison des Khmers Rouges à Phnom Penh

Le musée de Tuol Sleng est un ancien lycée (Tuol Svay Prey: la colline du manguier sauvage) situé à Phnom Penh qui a été transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d’exécution entre 1975 et 1979. Le lycée avait alors comme nom secret prison de Sécurité 21 ou S-21.

Actuellement ce lycée peut être visité. Il contient, outre les restes quasi complets des bâtiments de torture et d’emprisonnement, de nombreux objets de torture et de très intéressantes archives.

Les Khmers rouges enfermaient à S-21 tous les opposants supposés au régime, sur n’importe quel motif. Les personnes enfermées étaient aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Il y avait des femmes, des enfants, et parfois des familles entières (bébés y compris) d’ouvriers, d’intellectuels, de ministres et de diplomates cambodgiens, mais aussi des étrangers (Indiens, Pakistanais, Anglais, Américains, Canadiens, Australiens…) Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants) était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc « à exterminer ».

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La prison est assez dure à visiter car il s’agit d’un lycée, laissé tel quel depuis la libération de la ville. Peu de documents vraiment durs, peu de scènes violentes, mais c’est la simplicité du lieu qui créé le recueillement.

Les Khmers rouges (en khmer: Khmaey Krahom), dont le nom officiel fut successivement Parti communiste du Cambodge et Parti du Kampuchéa démocratique (autres noms: Parti communiste du Kampuchéa, PCK, Parti communiste khmer, Armée nationale du Kampuchéa démocratique, PDK), étaient les membres d’une organisation communiste, fondée en 1954, qui fut au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979.

Le nom de « Khmers rouges » leur fut attribué par le roi Norodom Sihanouk dans les années 1950 et est utilisé couramment en français à travers le monde. Les révolutionnaires eux-mêmes n’utilisaient pas ce terme et préféraient « kampuchéen » à « khmer », qui rappelait trop l’« ordre ancien ».

L’organisation khmère rouge se caractérisa par des méthodes autoritaires d’une brutalité extrême, – au point qu’on a pu y voir une forme d’« autogénocide ». Les Khmers rouges sont devenus tristement célèbres pour leurs exactions qui sont à l’origine de la mort d’environ 1 700 000 cambodgiens entre 1975 et 1979, soit plus de 20% de la population d’avant 1975

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Une chambre d’interrogatoire

Les boîtes de cartouches servaient de toilettes

La cour de récré… maintenant cimetière des victimes.

L’ancien portique que les écoliers utilisaient pour grimper à la corde servit de potence par les pieds pour faire parler les contre révolutionnaires (il faut savoir que tout le monde, enfant compris, pouvait être considéré comme tel)

La folie de classification de la clique de Pol Pot a permis de retrouver toutes ces photos des prisonniers

Les Pères des mouvements communistes et marxistes d’Asie.. et dire qu’en France, nombre d’intellectuels furent pour les Khmers Rouges, qui symbolisaient l’accomplissement parfait du communisme, puisque tous les habitants de Phnom Penh (2 millions) furent envoyés de force à la campagne. C’est l’un des seuls régimes communistes qui ait réellement mélangé tout le monde dans son combat : enfants, vieillards, femmes, intellectuels, ou non révolutionnaires, moines…. c’est un véritable « auto-génocide ».

Un procès s’est d’ailleurs tenu le 17 février dernier, celui de Douch, l’un des dirigeants Khmers Rouges.

Pour plus d’infos sur ce génocide qui fait encore débat (est-ce du communisme, du nazisme, de l’utopie, le rôle des intellos français à l’époque, les boat people Cambodgiens….à voir les articles suivants :

Agora Vox : la Parole aux victimes

Le procès sur LeFigaro.Fr

Au rez-de chaussé, les cellules des hommes

Au deuxième étage, celle des femmes, en bois

Barbelés sur le balcon pour empêcher les suicides

Des exemples d’instruments de torture

Ces bassins étaient remplis d’eau

A voir aussi :

3 réflexions au sujet de « S 21 (Musée Tuol Sleng), la prison des Khmers Rouges à Phnom Penh »

  1. Abominable article, et pourtant indispensable à l’effort de mémoire collective. En tant que bloggeur, cela fait partie aussi de notre responsabilité morale d’informer les lecteurs sur des points certes moins « exotiques ». Voyager ou vivre à l’étranger, ce n’est pas évoquer uniquement ce qu’on y aime… Mais aussi parler de ce qui dérange, ou qui est méconnu, et qui, pour les générations futures, doit être transmis. Merci donc pour cet article.

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