Une jeunesse chinoise (Yihe Yuan), de Lou Ye

Dans la série, je passe mon temps à regarder des DVD d’auteurs Chinois, je voudrais Summer Palace (Une jeunesse chinoise) de Lou Ye. Présenté au Festival de Cannes en 2006, censuré en Chine et son réalisateur interdit de tournage pour 5 ans, ce film raconte la vie amoureuse de deux étudiants pendant les années 1988-89.

Voici le synopsis du film

Deux jeunes amoureux vivent une relation d’amour-haine, complexe et érotique, dans un pays soumis aux troubles et à l’instabilité politiques. La belle Yu Hong quitte son village, sa famille et son fiancé pour étudier à Pékin. Elle y découvre un monde d’intenses expériences sexuelles et affectives et tombe follement amoureuse d’un autre étudiant, Zhou Wei. Leur rapport tourne au jeu dangereux alors qu’autour d’eux, les étudiants commencent à manifester, exigeant la démocratie et la liberté.

Ce film est la fresque d’un époque, mêlant les petites histoires et la grande, en nous faisant vivre le passage à l’âge adulte de deux jeunes Chinois débarquant à la fac.

Accompagné d’une bande son splendide, le film est séparé en deux parties : Avant et après les événements de Tian An Men

Et c’est là pour moi le problème, car les événements de Tian An Men ne sont pas montrés (censure oblige) et le film perd alors de sa rapidité, de son souffle. La première partie est forte, très forte même, avec la découverte pour cette paysanne de la vie en ville, de ses rapports sexuels (crus pour un film Chinois) avec son copain, du vent de liberté qui souffle sur la fac.

La seconde partie en revanche nous montre l’importance de l’argent, la vie dans des villes du sud surpeuplées, l’adultère, les relations à distance (l’ami de Yu Hong se réfugie à Berlin).

Si cette deuxième partie n’est pas la meilleure, c’est qu’on se demande un peu ce qu’elle vient faire là. Elle raconte une très belle histoire d’amour, des illusions vite oubliées, mais semble n’être pas le même film que la première partie.

L’auteur aurait dû faire deux films, le premier s’arrêtant aux événements de 1989.

Malgré tout, la bande son nous plonge dans un univers riche en émotions, et le film se tient.

Je le recommande car il est intéressant de voir la façon qu’ont eu les étudiants Chinois de vivre ce moment, et les séquelles qu’ils en ont gardées.

Voici quelques critiques écrites à ce propos :

Ce film m’a renvoyé à La Chartreuse de Parme de Stendhal, par plusieurs de ses similitudes. Film d’apprentissage au même titre que roman d’apprentissage, cette fresque mélange habilement la petite et la grande histoire pour nous faire partager le passage à l’âge adulte d’une génération. En soi, rien de très extraordinaire dans ce qui arrive aux personnages, que du classique, mais cela se tient et cela est déjà pas mal. Et plutôt bien traité. Ce film brille donc surtout par son image, sa réalisation ainsi que la bande son, qui servent très bien le scénario. Recommandé.

Présenté en Compétition à Cannes 2006, ce film de Lou Ye se penche sur l’histoire récente de la Chine : 1989-1999. Il le fait en s’intéressant plus particulièrement à un couple de jeunes chinois, Zhou Wei et Yu Hong. Le film, le réalisateur et le producteur ont connu de gros tracas après la projection cannoise : le film, qui avait été présenté à Cannes avant d’avoir été accepté par la censure chinois, a été interdit en Chine ; le réalisateur et le producteur sont interdits de tournage pendant 5 ans. Il faut dire que le film aborde la répresion du mouvement étudiant de Tian An Men, ce qui n’est jamais très bien vu par les autorités chinoises. Autre raison : il y aurait des scènes d’amour trop audacieuses pour la censure chinoise. Cela étant, ce film présente beaucoup de qualités mais il est trop long. La caméra est très mobile, la musique est très belle, très bien, mais les scènes s’étirent souvent beaucoup trop, dommage !

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Une réflexion au sujet de « Une jeunesse chinoise (Yihe Yuan), de Lou Ye »

  1. A mon avis le realisateur a surtout voulu montrer qu’apres avoir vecu ces evenements c’est toute une generation qui a ete marquee… D’ou la seconde partie.
    On ne voit pas clairement d’images de revolte mais on ressent quand meme toute la tension qu’il y a du y avoir dans ces evenements.
    — Woods

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