Usine à Chengdu

Cela faisait longtemps que je voulais les mettre…. Voilà, c’est fait.

Quand je suis allé à Noël dernier dans le Triangle d’Or, nous nous sommes arrêtés dans la capitale du Sichuan, Chengdu.

En Chine, on dit de cette ville « Attention, si ton homme va à Chengdu, son coeur y restera toujours… » Manière de dire que le climat de la ville est tel qu’il y fait bon vivre.. Manque de chance, nous y étions pendant l’hiver, et on avait l’impression de se trouver à Paris, un crachin permanent nous glaçait les vêtements. certes, il y fait moins froid qu’à Pékin, mais comme la ville se situe sous la fameuse ligne de chauffage, il n’existe pas de chauffage central dans les appartements….


Résultat : on a toujours froid, et même si l’on met la climatisation inversée, on n’arrive que difficilement à une température agréable et pas trop humide…
Bref, nous avions décidé de ne pas nous éterniser dans cette ville, voulant rejoindre au plus vite le Sud (Yunnan)
Cependant, alors que nous étions en train de dîner dans la rue, une jeune femme est venue en trombe vers nous, nous demandant de l’aider.. Après quelques explications difficiles (dues à notre faible niveau de chinois et à son faible niveau d’anglais) nous comprenons qu’elle a besoin de nous pour être figurants dans le film qu’une entreprise veut réaliser. Il faut montrer « nos amis étrangers s’enthousiasmant devant nos produits »…. Nous acceptons.
Voici donc les photos d’une usine de conditionnement de sachets de légumes en sauces et autres « pickles ».
Commentaires au-dessus de chaque photo.

Les légumes arrivent par camion, qui sont arrosés d’un liquide nettoyant, puis ce sont les ouvriers eux-mêmes qui coupent à la main les légumes en plusieurs morceaux.
Ensuite (et c’est l’un des seuls moments où il y a une machine qui intervient dans le process), à l’aide casier, les légumes sont versés dans une solution bouillante qui les cuit, puis se font peler.

Ramassés à la pelle (manuellement)


ils sont mis dans des sacs en toile de jute puis essorés.

On vide ensuite les sacs dans des bacs contenant la sauce qui servira à donner du gout


Puis ils sont séparés dans différents récipients (toujours à la main)

La pesée est manuelle (même si chaque dose doit être de même poids)

Chaque poste fonctionne avec deux ouvrier(e)s, l’un(e) qui pèse, l’autre qui remplit les sachets



Une armée de petites mains, payées 40€ par mois, 12 heures par jour, 7 jours sur 7 avec un jour de repos par mois.




On comprend que les machines sont inutiles, car trop couteuses


L’équipe chargée de la réalisation du reportage. On a bien rigolé, car pendant que le patron des lieux nous parlait en chinois, nous répondions en français « Mais, cela ne ressemble à rien, c’est moche, et ça pue ! » sans que quiconque ne comprenne 😉

Avant d’entrer dans les zones de production, il faut marcher dans une solution stérilisante (ce qui est normal, mais une fois à l’intérieur, on aperçoit des espaces béants au pied des murs, qui communiquent avec l’extérieur……) puis il faut se laver les mains…







« The First Chinese Faous Trade Mark in the filed of pickles » indique fièrement un panneau sur le toit de l’usine !

7 réflexions au sujet de « Usine à Chengdu »

  1. Ah la fameuse ligne de chauffage… Quand tu peux utiliser la climatisation, c’ est deja bien!

    C’ est surpernant qu’ il te laissent faire des photos comme ca, ils sont sans doute fier de leur usine modele. 😉
    Enfin ca rete toujours aussi surprenant de voir aussi peu d’ automatisation…

  2. En lisant j’ai pensé à la France du XIX ième, ou plutôt au français du XIXième, car la Chine est bien au XXI ième, pour manger des produits pareils. Ce que je me demande c’est si une ouvrière gagne assez avec 40€ par mois pour pouvoir acheter 2 sachets qu’elle prépare par jour. 40€ c’était ce que je dépensais en un mois pour manger (au bouïbouï du coin), mais il y a longtemps.
    En France on nous dit que les denrées sont de plus en plus chères chez vous. Avec des salaires pareils, il est normal que Beijing s’inquiète de l’inflation. En France c’est au XIX ième siècle que nous avons connu nos révolutions… Je ne crois pas en une révolution, mais en un bouleversement proche.

  3. @Isamu : tout à fait, ils ne se cachaient pas, et étaient très fiers de leur usine !
    @Krapax => Iso comment ? En chine ? Wahou, encore du boulot pour Asia Inspection (hein JC ? 😉 )

    @Arnauld : Tiens, c’est vrai, j’aurais dû en mettre…
    ça va venir, promis !

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