La Chine sur le divan, par Huo Datong

Premier psychanalyste de Chine, Huo Datong, dévoreur de Freud puis de Lacan, qu’il a étudié  en France, a  publié l’an passé un ouvrage, La Chine sur le divan, sous forme d’entretien avec Dorian Malovic, l’occasion pour nous, lecteurs occidentaux, de mieux appréhender une partie de la cutlure chinoise.

Présentation

Premier psychanalyste chinois, Huo Datong nous ouvre les portes de l’inconscient de ces  » Fils du ciel  » bien peu familiers de l’introspection et porte un regard unique sur son propre pays, terre de tous les fantasmes occidentaux. Le  » Lacan chinois « , formé durant plusieurs années à Paris, lettré moderne guéri du marxisme, analyse sans concession les fondements de la société chinoise et les traumatismes auxquels elle doit faire face aujourd’hui, le principal étant celui de l’enfant unique. Car la Chine du XXIe siècle implose et a perdu bon nombre de ses repères dans cette mutation historique. Dans une société où l’on ne peut parler de soi, à qui confier ses angoisses, son stress, sa dépression nerveuse ? Allonger la Chine sur le divan, tel est le pari de Huo Datong, qui nous révèle une  » âme chinoise  » insoupçonnée, souvent déconcertante et parfois  » exotique  » mais toujours humaine, au point de nous renvoyer à notre propre inconscient d’Occidentaux, pas si différent…

Biographie de l’auteur

Dorian Malovic a vécu en Chine et y voyage depuis plus de vingt ans. Chef du service Asie au quotidien La Croix à Paris, il a déjà publié de nombreuses enquêtes inédites sur le monde chinois : Hong Kong, un destin chinois (avec Marina Dyja, Bayard, 1997), Evadés de Corée du Nord (avec Juliette Morillot, Belfond, 2004, Prix du meilleur livre d’investigation), Le Pape jaune (Perrin, 2006, Prix spécial des écrivains catholiques 2007) et Mgr Zen, un homme en colère (Bayard, 2007).

Si j’ai beaucoup aimé ce livre, ce n’est pas que parce qu’il confirmait par de nombreux points ma vision de l’influence de la politique de l’enfant unique sur la société chinoise d’aujourd’hui, mais également car il apporte une notion très importante et encore unique : la psychanalyse.

En effet, la Chine n’a jamais subie d’influence judéo-chrétienne comme ont pu l’avoir nos sociétés occidentales, et de nombreux liens sociaux qui régissent la société peuvent nous paraître peu compréhensible quand on débarque dans l’empire du milieu.

Le point le plus intéressant est sans doute l’analyse de la sexualité (débridée) d’une partie de la jeune génération, ainsi que l’arrivée de la première génération d’enfants uniques à l’âge adulte

Je ne dirais pas qu’il existe un inconscient typiquement chinois, mais pour déchiffrer notre psychisme, Freud et Lacan ne suffisent pas. De plus, bon nombre de phénomènes œdipiens effrayants pour les Occidentaux – les liens privilégiés père-fille et mère-fils – nous semblent naturels. L’enfant chinois dort entre ses parents, qui ne se gênent pas pour faire l’amour. Impensable chez vous !

Les enfants uniques connaissent 3 transitions :

  • L’âge enfant, ou l’enfant roi, couvé, chérie par toute la famille et élevé par les grands parents
  • L’âge de l’école, ou l’enfant enfermé dans une pression de réussite,
  • L’âge adulte, ou le retour du refoulé, la liberté découverte

Facile et rapide à lire, cet ouvrage vous permettra de mieux appréhender la jeunesse chinoise, et leurs réactions à la société dans laquelle ils vivent

  • Broché: 180 pages
  • Editeur : Plon (14 mai 2008)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2259207901
  • ISBN-13: 978-2259207904
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Une réflexion au sujet de « La Chine sur le divan, par Huo Datong »

  1. Un livre qui peut plaire à ceux qui s’intéressent à la Chine ( comme moi), en revanche, je connais quelques connaisseurs de la psychanalyse qui ont été déçu par les raccourcis.

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