Pékin, Bangkog (et Hanoi), Capitales effervescentes d’Asie

J’habite Pékin, mais je travaille en Asie. Je m’émerveille à chaque déplacement toujours un peu plus. J’aime la folie de la vie Coréenne, la douceur de la vie Vietnamienne, la sérénité chinoise et je découvre Bangkok (et ses vices)… Récits point par point des différences entre ces capitales..

Circulation

Par rapport à Pékin, pas un vélo ! Comme au Vietnam, tout le monde roule en petite moto Honda 4 vitesses, mais ici, par rapport à Pékin ou Hanoi, tout les chauffeurs(ards?) portent un casque ! Obligatoire depuis 7 ans environ, ne soyez donc pas surpris de voir tout le monde « cagoulé « .

Pékin n’a rien à envier aux rues Bangkokoises, tant la circulation est dense et bloquée, d’autant que, comme à Hanoi, l’urbanisme n’est pas à la mode pékinoises : les voies de circulation sont plus de minuscules veines serpentant dans un dédale de constructions, que de grandes avenues rectilignes 2*4 voies… A la décharge de la petite soeur Thailandaise, il faut bien reconnaitre que Pékin n’a pas de rivière tortueuse en son sein.

On se rend compte de la modernité d’une ville, ou du moins de sa vitesse d’évolution, à ses bus, modernes et propres à Pékin, vieux, sales, et rouillés à Bangkok, inexistant à Hanoi (seuls les mini bus circulent). Et là, Pékin a fait de sacrés progrès, certes plus ou moins forcés par la tenue des JO l’an prochain, mais tout de même, on sent que les industries manufacturières chinoises sont nombreuses et puissantes..

Propagande (voir cet article sur la Thailande et le jour du Roi)

Omniprésente à Hanoi et Saigon (voir photo), effacée à Pékin depuis sa nomination à l’organisation des Jeux Olympiques 2008, elle existe vraiment à Bangkok. Mais différemment. En effet, là ou des Etats communistes mettent en avant, des portraits et des slogans de luttes, de travail, de révolution, le Royaume Siam affiche des photos de plain pied, des personnes souriantes, père et mère du peuple. Aucun slogan, juste une volonté d’être prié et remercié.. Cependant, c’est peut-être plus pernicieux car plus intrusif..

Religion

Ceci nous amène à notre troisième point de comparaison : la religion. Ce que j’aime au Vietnam et à Bangkok, ce sont les autels omniprésents dans les rues, les magasins, et le plus agréable, les bâtonnets d’encens qui brulent à même le trottoir. Au Vietnam, on honore les ancêtres. Pas un magasin, une maison, sans un autel pour le culte des aïeux, même les petits marchands de rue bénissent les arbres, le trottoir qui les entourent avant de commencer leur journée de travail. Ici, ce sont les divintés bouddhistes (et le Roi of course).
En Chine, la religion est présente (essentiellement Taoiste) mais beaucoup plus discrète. Je ne sais pas si cela est dû à la Révolution Culturelle de Mao, ou la plus grande discrétion des Chinois, mais toujours est-il que la foi des Vietnamiens s’étale autant que celle des Thai.

Prostitution

Partout en Asie, la relation au sexe n’est pas la même qu’en Europe. Cependant, elle est partout présente mais de différentes façons.
A Pékin, et en Chine d’une manière générale, on aime à dire qu’il n’y a pas de prostituées, il n’y a que des coiffeuses, ces filles venues des campagnes travailler dans des salons de coiffure, qui se transforme en centres de massages coquins en soirée.
Au Vietnam, Hanoi est plus comme Pékin, on ne voit pas grand chose dans la rue, tut est caché. En revanche, Saigon et Bangkok sont assez similaires. La prostitution vous attrape dès votre premier pas dans la rue. A Saigon, les filles vous poursuivent en scooter pour pour proposer de faire « boum boum ». A Bangkok, les bars, ouverts sur la rue, où les filles en bikini dansent derrières des barres sur le bar en attendant d’être choisies par des clients sont légion. Et autant dire que les touristes masculins quinquagénaires l’ont bien compris.
Cependant, personne ne les considère mal. Quand je montrais mon effarement à un client Thai sur ce phénomène, il m’a dit « non, c’est normal, c’est leur travail, ce sont des filles peu éduquées, il faut qu’elles vivent, il n’y a rien de choquant »……
Certes Mao avait des concubines, certes les Chinois ont de nombreuses masseuses à domicile ou dans des centres, mais peu de filles (du moins à Pékin) font ce que font les filles Thai;
Je ne sais pas si cela est dû au fait qu’avec la politique de l’enfant unique, le nombre de filles est bien moindre en Chine qu’en Thailande ou au Vietnam, et que donc les couples qui ont une fille unique sont généralement ceux qui ont les moyens de subvenir à ses besoins, ou si la mentalité (ne pas perdre la face, ne pas se faire choisir..) ou la relation au sexe est différente, toujours est-il qu’il est impressionnant de voir Bangkok, tant se phénomène est omniprésent. En bikini dans les bars cheaps, en tenue de soirée dans les bars chics, mais l’idée reste la même. Le chair est faible, la chair est fraîche..

Paradoxes d’Etats totalitaires, où l’économie est bridée (400% de taxes à l’importation sur le champagne en Thailande), où les gouvernants sont corrompus, où les valeurs religieuses sont fortes, mais où l’être humain n’est rien d’autre qu’une marchandise, un moyen comme un autre de gagner sa vie… où le laisser-faire (même si Thailande et Vietnam obligent la fermeture des lieux de nuit à 2H00 du matin) est Roi..

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